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La maison Giscard, une maison modèle ?

Jean-Baptiste Giscard, ancien contre maitre de la manufacture Virebent, crée en 1855 son propre établissement. Il commence par une tuilerie puis s’oriente rapidement vers une production d’ornements d’architecture et de sculpture religieuse en terre cuite.

 

Il s’installe au 25 avenue de la Colonne dans le quartier de Terre Cabade où il y fait construire de vastes ateliers et la maison familiale. Pour montrer aux yeux de tous son incroyable connaissance du métier de sculpteur, Jean-Baptiste Giscard va décorer sa maison de multiples pièces de terre cuite, sur les façades et au bord des toits. La demeure des Giscard va ainsi devenir une véritable maison modèle pour les clients désireux d’embellir leurs façades de belles pièces de terre cuite, pour ainsi donner un petit air antique, médiéval ou renaissance à leur maison.

 

Les produits de la fabrique sont en terre cuite imitant la pierre, et c’est là l’innovation. La production en série des ornements grâce à l’utilisation de moules à pièces permet une fabrication accélérée, très facilement reproductible et peu chère en comparaison du travail d’un tailleur de pierre. La sculpture est désormais à la portée du plus grand nombre.

 

Les produits Giscard obtiennent très vite beaucoup de succès, la clientèle commande sur catalogue ou vient directement dans les bureaux de la manufacture pour choisir ses futures acquisitions. Comment résister à un produit identique à la pierre et moins cher ? Ainsi, ce sont des centaines de motifs, sculptures, frises, colonnes, balustrades, réalisables et livrables dans le mois à des prix abordables pour le propriétaire toulousain ou d’ailleurs.

 

La maison Giscard est un exemple type de l’utilisation des éléments architecturaux créés dans la manufacture comme décor de façade. L’étage supérieur de la façade est couronné d’un garde-fou et d’antéfixes d’une grande qualité d’exécution. La façade donnant sur la cour est couronnée en son sommet d’un harmonieux fronton composé de rinceaux et de fleurs. Au milieu, deux anges tiennent une coquille avec en son centre un écusson portant la lettre « G » de Giscard. La décoration luxuriante continue sur les façades situées à l’angle des rues Paul-Dupin et Henri-de-Bornier, aujourd’hui restaurées. Ici, l’ouverture des abondantes fenêtres est entièrement ceinturée par des décors de frises en terre cuite. Chaque linteau a été orné d’un moulage en haut-relief représentant des figures féminines et masculines, d’une qualité exceptionnelle. Ces décorations constituent un catalogue « in situ », néanmoins peu exhaustif, des possibilités artistiques des ateliers Giscard en matière d’ornementation architecturale.

Marie-Géraldine Furic

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