Histoire de la manufacture Giscard

La dynastie des Giscard

La manufacture Giscard est une histoire de famille. Quatre générations se succédèrent pour exercer leur talent dans l’art de produire des ornements sculptés en terre cuite. L’homme à l’origine du projet de la manufacture n’est autre que Jean-Baptiste Giscard [1818-1906], dit « le jeune ». Après avoir travaillé dans différentes fabriques locales telle que celle des frères Virebent à Launaguet ou il occupait le poste de contremaître, il s’associe à d’autres ouvriers pour gérer l’ancienne fabrique Négrier avant de créer trois ans plus tard, en 1855, son propre établissement.

 

Jean-Baptiste Giscard débute ses activités par une tuilerie puis très rapidement sa production s’oriente vers l’ornement d’architecture (antéfixes, mascarons, frises, etc.) et l’art religieux. A sa mort, son fils Bernard [1851-1926] reprit la direction de la manufacture. Sculpteur de réputation il enrichit l’atelier de nombreux modèles religieux (chemins de croix, autels, statues, etc.) en réponse à l’accroissement de la demande due à une période de dévotion plus intense au début du XXe siècle. Après la première guerre mondiale, il réalise également un grand nombre de monuments aux morts, généralement destinés aux églises. Le succès de la manufacture est fulgurant et la maison eut même, dans les années 1920, le privilège d’être le dépositaire officiel du carmel de Lisieux. A ce titre, elle obtint le monopole de réalisation de la statue de Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.

 

A la mort de son père en 1926, Henri [1895-1985] hérite des bâtiments de la manufacture et du fonds de commerce. Il continue de perpétuer la tradition familiale tout en occupant le poste de professeur de céramique et de moulage à l’école des Beaux-arts de Toulouse jusqu’en 1962. Il succède ainsi à Henri Virebent premier professeur de cette classe créée en 1923.

 

Joseph Giscard [1931-2005], après des études à l’école des Beaux-arts de Toulouse, reprend l’activité de son père partit à la retraite en 1965 et qui lui lègue en 1966 tout son fonds de commerce, ce qui comprend le matériel destiné à la production d’ornements sculptés (fours, moules, malaxeur de terre à modeler, etc.), ainsi que les bâtiments de la manufacture. En 1968, Joseph fait l’acquisition d’une partie des moules de la manufacture Virebent, les sauvant d’une ruine quasi certaine. Malgré cet enrichissement qui permettait un ensemble considérable de nouvelles possibilités artistiques, l’atelier Giscard subit la désaffection de l’art religieux et après avoir employé une cinquantaine d’ouvriers dans les années 1920, puis 5 dans les années 1960, Joseph Giscard, arrière petit fils du fondateur continue seul l’exploitation de l’atelier. Il y réalise des terres cuites ornementales pour la restauration des décors d’architecture des maisons toulousaines.

 

La fabrique Giscard, dans sa totalité, a été inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 13 mars 1998.

 

La manufacture fonctionna jusqu’en 2005 ce qui est plutôt remarquable puisque quatre générations de sculpteurs se sont succédés durant 150 ans. Joseph Giscard, le dernier de cette dynastie décéda donc en 2005 léguant une partie de la manufacture et le contenu des ateliers à la mairie de Toulouse afin que celle-ci la transforme en un musée dédié à la terre cuite. Ce projet est apparu comme une excellente idée pour une ville comme Toulouse dont l’identité est façonnée par la terre cuite depuis des siècles. Cependant, ce projet n’a toujours pas abouti et nous espérons que les recherches effectuées sur la manufacture ainsi que notre association vont réveiller la conscience collective afin que ce patrimoine industriel et artistique si précieux ne tombe pas dans l’oubli.

Appel à témoignages

Nous sommes à la recherche de témoignages et d'archives concernant l'histoire de la manufacture Giscard. Que vous ayez connu la famille Giscard ou que vous possédiez des photos, nous sommes intéressées!

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